HISTORIQUE DU LEE ENFIELD n°4 mk I

    Les informations sur le Lee Enfield sont issues d'un site anglophone de référence : http://www.enfields.freestarthost.com/. Si vous pratiquez la langue de shakespeare, vous saurez tout sur cette arme magnifique.

    Le n°4 mk I est une arme de 1129m/m de long, pour un canon de 690 m/m. Son poids est de 4,11 kg à vide. On peut dire qu'il est lourd, certes, pas de plastiques ou autres polymères, rien que du bois et de l'acier.

    Si vous avez l'habitude d'aller au stand à pied, l'arme à la bretelle, c'est bien un élément à prendre en compte. Si vous voulez tirer 25 cartouches en position couchée, le poids n'est plus pour moi un facteur handicapant.

 

    Les origines de la lignée des Lee Enfield remontent à 1895. Elle débuta par la naissance des Lee Metford qui participèrent à la guerre des Boers, en Afrique du sud. Durant cette guerre, l'empire Britannique tira les enseignements de ses affrontements contre des troupes équipées avec des Mauser.

    Il s'en suivit toute une lignée de Short Magazines Lee Enfield, MK I, le P14, le MK III. Il est à noter qu'avec ce dernier, un fantassin entraîné pouvait tirer de manière précise 30 coups à la minute...(à comparer aux 10 coups en 3 mn du TSAR).

    En 1941, apparut le n°4 MK I. Ses évolutions principales par rapport au MK III, résidaient en un boitier de culasse plus rigide, et un canon plus lourd. Il est à noter que son alimentation est faite par un chargeur de 10 coups, garnis par 2x5 cartouches sur lame chargeur.

    La procédure ne prévoyait pas dégager le chargeur en d'autres cas que l'entretien ou la réparation. D'ailleurs, l'arme était livrée avec 1 seul chargeur.

Pour tout ce qui concerne les poinçons et marquages, reportez-vous au site de référence.

 

LA MUNITION : 303 British (7,7x56R) :

 

     La première cartouche de la lignée fut crée en 1880. Elle était chargée avec 215 grains de poudre noire compressée. La vitesse initiale était de l'ordre de 570 m/s. En 1892, elle fût chargée avec de la poudre sans fumée, la cordite. Celle-ci se présente sous forme de bâtonnets, est un étui en comporte 40.

 

 

     La forme de ces bâtonnets obligeait le fabricant à former l'épaulement après l'introduction de la charge. La vitesse relevée était de 600m/s. Seulement, le problème de la cordite réside dans son effet corrosif qui détruit un canon rapidement.

     Le chargement à la nitrocellulose devint officiel en 1916, cependant, la cordite ne disparut pas complétement, car elle se révèle plus stable sous un climat tropical.

     Le calibre de la balle est de 0.311 inch, certains chasseurs canadiens préconnisent des calibres allant jusqu'au 314''. Quoiqu'il en soit, s'il vous venez à l'idée d'essayer un autre calibre que le 311'', prenez la précaution de faire une empreinte de votre canon avec un morceau de plomb et mesurez son diamètre réel. Cela vous évitera une surpression fatale. Pour information, le diamètre à fond de rayure de mon canon est de 311''

    La munition standard de la 2ème guerre mondiale est la MK 7. La particularité de cette balle, de 174 grs, était sa faible stabilité. La balle se composait de 1/3 d'aluminium et de 2/3 de plomb ou d'acier (je n'ais pas regardé par moi même, ayant un très mauvais souvenir d'un essai particulièrement douleureux de découpage d'ogive). Sa Vo était de 740 m/s.

Cette instabilité avait pour but de créer des blessures graves, à l'image de la 5.56mm.

    Si jamais vous découvrez un jour, des lots de cartouches MK8, sachez que leur usage était réservé aux mitrailleuses VICKERS. Leur emploi dans les fusils d'infanterie était proscrit.

 

LE RECHARGEMENT :

 

         a) LA BALLE

 

         Nous avons vu précédemment que le poids nominal est de 174 grs. Des sites canadiens parlent du 303 British pour la chasse (autre monde, mais l'herbe n'est  pas forcemment plus verte chez le voisin). Il faut savoir que pour eux, le daim se chasse avec de la 150 grs ou de la 180 grs. Le minimum étant de 130 grs. Le tir à la cible est réalisé avec de la 215 grains.

         Pour le rechargement, j'utilise soit une balle IVRI PARTIZAN de 174 grs, soit de la Sellier/Bellot en 180 grs.

J'ai noté que les résultats avec les ogives vendues en vrac de marque PARTIZAN, en 174 grs permettaient de réaliser d'excellents groupement, à condition de faire des lots par poids de balle. En effet, à la pesée, on obtient des écarts qui peuvent se révéler significatifs. C'est en effet négligeable pour bon nombre de personnes. Ce sont ces même personnes qui vont acheter des Sierra Match King, qui elles sont en effet très régulières à la pesée. C'est le seul élément sur lequel je peux intervenir, le poids. Je ne prends pas en compte la régularité du diamètre du projectile ,qui est tout aussi important, faute de moyen suffisamment précis pour mesurer, mais aussi parce qu'il faut bien arrêter de pousser le bouchon trop loin Maurice!!! c'est du tir aux armes réglementaires, avec des tolérances de fabrication dites de guerre...

     En fin de compte, je sacrifie du temps, mais le temps, c'est de l'argent!!

 

       b) L'ETUI

 

     C'est une des clés du succés du tir. Du choix et de la préparation de votre étui, votre groupement dépendra jeune Padawan.

     J'ai commencé avec des étuis de 1943. Ce sont des étuis lourds, et qui ont des variations de poids, donc de volume non négligeable également. Utilisez des étuis modernes, Winchester, Sako, Remington etc.

 

     Il est recommandé, afin d'obtenir une longévité intéressante :

 

                                     - de réaliser un fire forming "doux" (on en reparlera en section rechargement).

                                     - de recalibrer seulement le collet avec un outil adéquat, cf le catalogue Lee, Redding, etc. Il ne faut pas                                        confondre le recalibrage de collet et le recalibrage partiel. En effet, l'action sur le métal de l'étui est                                        différente dans les deux cas.

                                     - d'utiliser des charges modérées.

 

Pour ma part, après le premier tir, je recalibre partiellement avec un jeu d'outils Lee, standard.

Il faut savoir que les tolérances de fabrication des chambres étaient "élastiques".

                                                                                                 GO            NO GO                  MAXI

                                     - tolerances militaires           0.064         0.070 inch               0.074 inch

                                     - tolerances SAAMI             0.064         0.067 inch               0.070 inch

 

    Ces tolérances étaient suffisantes pour tirer une cartouche à usage unique. Mais lorsque l'on recharge et que, après quelques raccourcissements au case trimmer, les parois de l'étui s'affinent, voilà le résultat si l'on recalibre totalement.

 

 

    Il y a rupture de l'étui. Je vous rassure, le tireur et l'arme se portent bien. Un évent situé sur la gauche de l'arme permet d'évacuer les gaz.

     Sur une cartouche à bourrelet, l'épaulement n'appuit pas sur la chambre, c'est le bourrelet, justement qui  "retient" la cartouche. Si votre chambre est trop profonde (c'est relatif), lors du tir alors que votre cartouche est soumise à la forte pression de la combustion de la poudre, l'étui s'allonge. Si il est trop fin, il y a rupture. Sur l'étui de droite, les gaz sont revenus entre la chambre et l'étui, d'où l'enfoncement. J'écarte tout de suite pour les âmes critiques un défaut de longueur d'étuis. Je raccourcis à 2/10ème de mm en dessous de la longueur max. Je contrôle ensuite mes étuis au pied à coulisse électronique.

    On notera  que l'on enlève plus de matière après un recalibrage complet que partiel. Lorsque l'étui est aux dimensions de la chambre de l'arme, les risques de rupture sont repoussés à plus de 10 tirs, (24 tirs pour certains tireurs précautionneux).

                                    

     c) L'AMORCAGE

         La préparation de l'étui se poursuit par un nettoyage du logement de l'amorce et un recalibrage de la lumière avec un outil adéquat.

 

LES RESULTATS A 50M (cible pistolet 10m) :

 

Balle de 180 grs Selliet/bellot, 2,60 g de TU 5000

 

 

 

              Balle de 174 grs "PARTIZAN", 2,60 g de TU 3000

 

 

Les tirs à 200m donnent des groupements de la taille d'un poing sur 10 cartouches.

 

 

LES INSTRUMENTS DE VISEE :

 

     Le but de ces charges est de tirer sans faire souffrir l'arme (et le tireur). Par conséquent, les instruments de visée ne sont pas adaptés aux charges employées.

     Dans un premier temps, il m'a fallu remettre la ligne de visée dans l'axe. Si l'on se réfère au site donné plus haut en lien, on peut y voir un outil spécial pour régler la dérive du guidon. Mais ne disposant pas de ce dernier, j'ai dû en fabriquer un. Le but étant d'être mesuré dans les corrections, j'ai utilisé un système à vis et non un maillet et un chasse goupille.

 

      

 

Si vous êtes amené à faire un outil semblable, ne reproduisez pas mon erreur qui a été de mettre un tissu de protection. Cette épaisseur induit de petites erreurs qui nuisent à la précision du réglage.

 

    Pour ce qui est du réglage du site, il n'y a pas de recette miracle. Ne dépassez pas les charges max, en cas de tir trop courbe afin de relever le tir, vous risqueriez un drame. Il faut donc apprendre à connaître sa hausse, ou bien jouer avec les hauteurs du guidon. C'est aussi cela le charme du tir aux armes "anciennes".

 

Par exemple, avec ce Lee Enfield, voici mes hausses pour tirer à 200m.

 

 

400 yards pour un projectile de 180 grs......visée à la base du visuel noir pour toucher le centre

500 yards, pour un projectile de 174 grs, visée prise en bas du visuel, centre touché.

 

Il existe un deuxième type de hausse sur les Lee Enfield, qui permet les ajustements micrométriques (visée d'origine sur arme de combat et non de sport type dioptre).

 

LE DEMONTAGE SOMMAIRE :

 

                                                                1- je ne mets pas mon doigt sur la détente.

                                                                2- je tourne l'arme vers une zone neutre.

                                                                3- je m'assure que l'arme est déchargée.

                                                                4- je relève la hausse.

 

                                                                           5- Je tire la culasse vers l'arrière et

                                                                     j'arrête avant que le poussoir rentre dans

                                                                     la tête de culasse.

 

                                                                 6- j'appuis sur le poussoir

 

 

                                                                   7- et je dégage la culasse

 

 

 

ENTRETIEN COURANT :

 

Avant le tir, dégraissez votre canon, personnellement j'utilise de l'acétone.

 

Après le tir, je passe une mêche en coton avec l'écouvillon intégré. Si j'utilise une brosse et une baguette, je prends le soin d'aller de la chambre à la bouche, et je ne reviens jamais en arrière. Cela évite de remettre les résidus de tir dans le canon, donc gain de temps. Ensuite, je mets de l'huile, type Break Free ou autre.

De temps à autres, je passe de la cire sur le bois. Aaaahhh!!! le charme du bois sur la joue, c'est pas de la bakélite ça MOOOsssieur...

 

Si jamais vous tirez des munitions d'origine, vous devez nettoyer votre canon avec de l'eau bouillante. Cette dernière enlèvera les résidus de sel de mercure, utilisé dans la composition de l'amorce, et particulièrement corrosif pour les canons.

Attention, l'utilisation de munitions vieilles de 60 ans ou plus, présente un risque de surpression dû à la lente décomposition de la poudre.

 

PRENEZ PLAISIR A TIRER AVEC VOTRE LEE ENFIELD

 

ET SURTOUT

 

TIREZ EN TOUTE SECURITE

 

 

 

                                                                                                            TROCHY